Seulement laisser parler la
beauté des mains sur les cordes.
samedi 23 avril 2016
jeudi 14 avril 2016
jeudi 7 avril 2016
lundi 4 avril 2016
mardi 1 mars 2016
les draps du rire
....
Faudrait
plus y penser
Facile
Fermer
le livre
L’abandonner
au hasard sur une étagère
Laisser
la poussière se déposer, lentement
L’oublier
Mais
c’est plus fort que moi, je sais qu’il est là
Et puis
zut !
« Quoi
zut ? Tu écris encore cette histoire ? Tu as repris le livre de tout
le mal ? »
Six
heures, encore deux heures de nuit. Encore deux heures à épuiser. Une cigarette
après l’autre, attendre les premières lueurs. Les grands arbres sanglants
là-bas dans le loin du jardin.
Deux
heures de rien.
J’ai
essayé
Tu sais
bien A. que j’ai essayé
Essayé
d’oublier le frôlement des pas
Essayé
d’oublier le bruit des clefs
Essayer
d’oublier
« Oublier ? »
Oui,
oublier les cris la nuit
Oublier
le grand aplat jaune
Comme
une obsession, jusqu’à la brûlure, fixer ce coin de mur
« C’est
loin tout ça maintenant ! Reviens ! »
Détailler
chaque grain de ciment, sentir l’explosion de lumière derrière les paupières
chargées de sel
« Arrête
maintenant ! »
Une
cigarette après l’autre
Une
manie de là-bas
Deux
heures de temps, deux heures de rien.
Les
pires heures
Ecouter
l’autour s’éveiller
Deux
heures encore avant d’enfiler le costume de l’autre
Si tu
savais A. comme j’ai peur encore,
peur de ne plus savoir.
« De
ne plus savoir ? Mais de quoi as-tu peur ? »
De ne
plus savoir vivre, de ne plus savoir rire
....(Texte initialement publié chez @Rixilement dans le cadre des Vases Communicants de février 2016)
samedi 13 février 2016
vendredi 5 février 2016
22.32
Le tiers livre et scriptopolis sont à l’initiative
d’un projet de « vases communicants » : le premier vendredi du mois,
chacun écrit sur le blog d’un autre, à charge à chacun de préparer les
mariages, les échanges, les invitations. Circulation horizontale pour produire
des liens autrement. Ne pas écrire pour, mais écrire chez l’autre.
La liste des participants
de ce mois et la recension de l’exercice sont établies maintenant par eclectante, qui succède à Angèle Casanova, après la gestion d’anthologie qui en fut réalisée par Brigitte Célérier.
Aujourd’hui, j’ai le
grand plaisir d’accueillir Danielle Masson tandis qu’elle a la gentillesse de
publier mon texte sur sa page.
21.02
Mary va s’inquiéter.
Je devrais être déjà rentré à la maison.
Mais il y a toujours à faire… au dernier moment.
Le dernier client est arrivé à 19.45, le précédent était
passé à 16.32.
Comment cela, je suis précis.
Oui très précis. Je vois si peu de clients, chaque jour, à
la station.
Je note tout sur mon petit carnet.
Celui-là a une couverture avec Caliméro dessus. Un cadeau de
mon petit-fils. « Pour que tu n’oublies rien, Papy ».
Ce n’est pas par peur d’oublier que je note tout, c’est pour
écrire un roman.
Non, plutôt une histoire sur les gens qui viennent ici.
Ceux de passage, ceux qui viennent toujours le même jour de
la semaine, ceux dont j’ai connu le père ou la grand-mère.
J’en aurais des choses à raconter.
Mais revenons à aujourd’hui.
Il est maintenant 21.43 et je suis encore à la station.
Pourquoi vous demandez-vous. Un peu de patience.
Normalement, je ferme toujours à 20.00 précises, après avoir
relevé le compteur des trois pompes rouges. Il le faut, car nous sommes très
surveillés, nous les pompistes. C’est au gallon près.
Et je ne suis qu’un employé.
D’accord, depuis quarante ans, je m’occupe de cette station.
Au début, je servais les clients avec un mot gentil pour chacun
d’eux.
Je lavais leur pare-brise, vérifiais le niveau d’huile, la
pression des pneus.
J’étais aux petits soins pour les clients de la station 32,
juste à la sortie du village.
Je les connaissais presque tous par leurs prénoms.
Maintenant, ils se servent eux-mêmes, me regardent à peine
en me tendant leur carte de paiement. J’aimerais pourtant engager la
conversation ou leur dire juste bonjour ou merci ou au revoir.
Ils ne me voient même pas.
Et ce soir, vous ne devinerez jamais… juste au pied du présentoir
de bidons d’huile… un couffin avec un petit ange aux cheveux noir ébène.
Je n’ai vu personne le déposer… je n’ai rien entendu…
Et si c’était mon dernier client, celui dont la voiture
avait les vitres fumées…
Je ne me souviens même plus de son visage.
C’est vrai qu’il cherchait à m’éviter mais il faut que je me
souvienne.
J’ai appelé le poste de police mais personne ne pouvait
venir tout de suite. Il fallait attendre. Heureusement, le bébé dormait comme
si de rien n’était.
Je devrais être depuis presque deux heures à la maison.
Mary va s’inquiéter.
Il est 22.32.
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