samedi 7 juillet 2018

Un autre retour



J’avais prévu de lessiver les plafonds, de poncer et de repeindre les boiseries ; de redonner un coup de neuf, parce qu’enfin ça commence un peu à dater la déco ; de ranger un peu aussi les étagères. Et puis…

Et puis, tu sais bien ce que c’est n’est-ce pas, une chose en entraîne une autre, un jour par-dessus l’autre et un « soupçon » de ma flemme légendaire et la maison n’est pas prête pour la saison.

Alors tu vois, ce matin, aux petites heures, je suis sorti flairer l’humeur du temps. Il y avait un petit vent frais. Venu de je ne sais où, il s’est enroulé autour de mes épaules, m’a chatouillé un peu la nuque et s’en est allé agiter les cheveux d’ange là au bout du jardin. Il y avait comme une promesse dans l’air. 

La promesse qu’aujourd’hui serait une journée à vivre.

Parce que tu sais, ce n’est pas toujours simple ces autres jours, les ombres sont toujours là qui viennent obscurcir les à venir. Ces heures passées à épuiser la peur, à attendre la nuit où se réfugier et recommencer…

« Vous m’avez manqué » les amis.

Un café plus tard j’ai décroché les clefs du tableau et je suis parti vers la maison. Ça n’a pas été simple de me frayer un passage jusqu’à la porte d’entrée mais ce sera bien pour un autre jour le grand clair dans le jardin, et puis ça ne me gêne pas tant que ça le fou des herbes et les arbustes laissés à la diable.

La vieille serrure a fait quelques caprices, il y a si long depuis ma dernière visite… Il lui faudrait bien quelques gouttes d’huile. On verra…plus tard aussi. Peut-être.

Entrer lentement dans l’épais du silence et contempler la poussière danser dans les quelques rais de soleil qui sourdent à travers les vantaux un peu disjoints. La maison a continué de vivre. Sans moi.

D’abord ouvrir en grand tous les volets et les fenêtres, laisser l’air et la lumière entrer à flots. Ne laisser que le léger bruissement des voilages habiter l’espace et mes pas qui font craquer les lames d’or du vieux parquet ponctuent le silence.

Là, je vais aller me poser dans mon vieux fauteuil effondré à force d’accueillir d’interminables rêveries, compagnon des heures passées à lire. Des heures d’abandon aussi. A portée de main ; au milieu des livres, des notes, de tout un fatras de papiers ; la radio.

Depuis le temps, les piles doivent être déchargées, tourner tout de même le bouton, ça crachouille, ça chevrote un peu, la réception n’a jamais été fameuse dans le coin.

Et puis soudain la magie.

vendredi 26 janvier 2018

Instanta'Tweets #19



Chaque vendredi ; enfin presque chaque vendredi puisque j’ai décidé qu’il n’y aurait que quarante rendez-vous ; je vais te proposer une expérience, une expérience née de la fréquentation du travail de Lucien Suel sur son blog Silo.

Je laisse le soin à Lucien d’expliquer de quoi il va retourner pendant quarante semaines :

         CURM

« (Cut-Up Ready-Made) est composé de 23 tweets consécutifs apparus dans ma Tweet List à un moment donné, copiés collés en éliminant les avatars et noms des abonnés, les liens et hashtags. Une expérience de twittérature mécanique. »

Cela fait un moment que j’avais envie de m’y essayer. Juste comme ça, pour voir ce que cela pourrait donner dans une autre timeline.

Un instant capturé. Une collision de mots.

Un Instanta’Tweets

Une seule variante aux règles écrites par Lucien, le nombre de tweets capturés dépendra de la somme des chiffres de la date du jour.

26/01/2018

2+6+1+2+1+8=20

Vingt tweets capturés à un moment quelconque de la journée pour former un je ne sais quoi d’un peu foutraque mais non dénué d’une certaine forme de poésie dans laquelle j’aime me plonger.


Parait qu'on peut écrire beaucoup, maintenant sur Twitter ? Laisse-moi te raconter une petite histoire. Tant pis si je me fais scalper à la fin. Et vous, vous vous demandez souvent « Pourquoi pas moi ? » ? La chance est un aléa positif. Je n'ai pas choisi le spermatozoïde et l'ovule qui m'ont créé. J'ai été trompé par sa vitesse pas élevée, je croyais qu'il m'accordait la priorité (j'étais prioritaire). Mais j'ai pu éviter la collision. Depuis j'improvise ! J’ai gardé ma vieille jupe de cuir, elle fait de l'effet, pas besoin d'une micro jupe je le constate. L'élégance c'est une façon de se mouvoir. C'est aussi savoir s'adapter à toutes les circonstances de la vie. Sans élégance de cœur, il n'y a pas d'élégance... Eh bien, voilà... Tout est dit ! Ne manque que l'horaire des séances... Le prêtre amoureux n’était pas un ange. Le mot venu du silence Chut... Ne faut pas casser leurs rêves. Dangereux capitaliste ! Tu as gagné ton premier milliard au bout de combien de secondes ? No me gusta saber que estás sola. Dis... tu ne veux pas venir faire un tour dans mon cœur ? Juste un aller-retour et le tour de mon corps... Moi face à la vie. J'arrive..... Gardez-moi une place ! Vu que pour hier c’est trop tard et demain on verra, j’ai décidé qu’aujourd’hui sera le plus beau jour de ma vie. Nous n'irons plus aux bois, les arbres sont coupés. Merci de votre très bon travail !

samedi 9 septembre 2017

Les magiciens du samedi.





D’abord le chemin qui monte comme ça l’air de rien sous les grands arbres, reconnaitre les  pierres un peu traitres qui roulent sous la semelle ; le souffle est court encore. Mais ça va. Le rythme lent de l’effort revient peu à peu. Et puis bientôt la pause près de la source qui sourd entre deux pierres moussues. Prendre quelques gorgées d’eau vive dans le creux de la main. Sentir la morsure aiguë au fond de la gorge, minérale. Lever les yeux vers les lointains. C’est presque là. Encore quelques centaines de mètres et ce sera comme à chaque fois la joie de deviner la maison au détour du sentier. Entre les deux bancs aux assises d'ardoise, le portail rouge a un peu pâli. Il faudra le repeindre. Essayer de retrouver le même rouge. Celui des souvenirs. Plus tard peut-être. Et tailler la vigne aussi.

La maison.

Là où tout a commencé.

vendredi 30 juin 2017

Colère froide.



 Twitter, formidable lieu de rencontres, d’échanges, de savoirs mais aussi Twitter ce dépotoir….




mardi 13 juin 2017

Il est minuit, monsieur K.

                                           
Pierre Soulages
Sans titre, 1973
Gouache sur papier marouflé sur toile (65 X 50 cm)
                         


                                                                      Monsieur K le fixa avec une intensité extraordinaire :
« Votre parole ? C’est étrange… Vous devriez savoir que je ne peux plus croire à la parole de qui que ce soit depuis longtemps. Nous vivons dans le mensonge, Monsieur  O ; on ne peut pas sortir de là.

– Je vois que nous sommes d’accord sur le point essentiel de notre affaire.

 – Alors, c’est rassurant pour la suite. Parce que vous ne m’enlèverez pas de la tête qu’il est impossible de connaître la moindre vérité si l’on ne sait pas d’abord que l’on vit dans le mensonge. Tout est là… »

Monsieur  O sourit : « Vous ne devriez pas philosopher à une heure pareille ; ça donne des maux de tête… Mais rassurez- vous, je me suis parfaitement adapté au mensonge.

– C’est ce que vous aviez de mieux à faire, approuva Monsieur  K. L’inverse est tellement éreintant, voyez où j’en suis. Mieux vaut s’adapter à tout, vous avez bien raison. Surtout dans notre métier.


Il est minuit, monsieur K., Patrice Franceschi, Points, 14/01/2016

samedi 14 janvier 2017

Les magiciens du samedi



Et non, le petit bonhomme n’est pas mort !

Il a traversé quelques tempêtes, bien souvent il a plié, presque prêt à rompre, à disparaître et puis….

Et puis….et puis la vie reprend le dessus, doucement.

Le vent parvient encore parfois à s’engouffrer, à le faire vaciller. Un air mordant, cru, juste là entre le col relevé de l’éternel manteau noir et la peau tendre du cou.


Une fois encore c’est Guy qui m’a donné envie de revenir. J’ai relu son livre il y quelques jours. Mais plus encore que cette énième lecture, ce sont d’autres accents qui m’ont fait retrouver le chemin du Petit bonhomme.

Ibrahim Maalouf

Un très grand.

Enjoy !


vendredi 30 décembre 2016

Instanta'Tweets #18




Chaque vendredi ; enfin presque chaque vendredi puisque j’ai décidé qu’il n’y aurait que quarante rendez-vous ; je vais te proposer une expérience, une expérience née de la fréquentation du travail de Lucien Suel sur son blog Silo.

Je laisse le soin à Lucien d’expliquer de quoi il va retourner pendant quarante semaines :

         CURM

« (Cut-Up Ready-Made) est composé de 23 tweets consécutifs apparus dans ma Tweet List à un moment donné, copiés collés en éliminant les avatars et noms des abonnés, les liens et hashtags. Une expérience de twittérature mécanique. »

Cela fait un moment que j’avais envie de m’y essayer. Juste comme ça, pour voir ce que cela pourrait donner dans une autre timeline.

Un instant capturé. Une collision de mots.

Un Instanta’Tweets

Une seule variante aux règles écrites par Lucien, le nombre de tweets capturés dépendra de la somme des chiffres de la date du jour.

30/12/2016

3+1+2+2+1+6=15

Quinze tweets capturés à un moment quelconque de la journée pour former un je ne sais quoi d’un peu foutraque mais non dénué d’une certaine forme de poésie dans laquelle j’aime me plonger.

Au lieu de profonde colère, il suffirait peut-être d'apprendre à écrire des textes non retoquables... Racontes-moi une histoire et vivons simplement. Cet homme était trop carré. Il m'arrivait de me cogner au coin de sa rigueur. Je me sens en insécurité sans mon téléphone. Je t'envoie des mots à laisser filer Des mots lumière Traversant la rivière noire Comme des étoiles qui ricochent À la surface de l'univers. J'ai enfin reçu ma commande pour mon réveillon. Tu as besoin de l'hélico cet am ? Je dois passer au Super U chercher une baguette et un pack de Kro. Parfois en achetant un vieux livre, simplement dans l'idée d'accéder à un texte qui sinon n'existe plus, on tombe sur une dédicace qui est si belle et si chaleureuse qu'elle met les larmes aux yeux. Dans la vie courante, il arrive qu'on marche. Encore plus givrée qu'hier matin C’est cette période avant la fin : on se souhaite bonnes fêtes comme on se dirait bon courage. J'ai perdu le do de ma clarinette. Gardez- le si vous le retrouvez. Je n'ai plus de clarinette. Quel brouillard ! Autoritaire, cassant, colérique, humiliant et méchant. Le principe est d’une extrême simplicité, d’une efficacité redoutable.