Affichage des articles dont le libellé est nostalgie. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est nostalgie. Afficher tous les articles

samedi 22 mars 2014

Les magiciens du samedi.



Hier soir j'étais fort occupé à perdre mon temps.

19h47
           
Le quai toujours vide.

Attendre dans ce quartier de la gare de L, laisser le regard errer au hasard.

Accrocher du coin de l’œil l’antique façade de l’Européen.

La porte à tambour ne bat plus. Des années se sont écoulées depuis que, alerté par le frôlement des pas sur le carmin de la laine des tapis, le dernier homme aux clefs d’or ne délaisse un moment ses registres et ne lève les yeux par-dessus ses verres pour accueillir le voyageur.

J’ai frissonné un peu, remonté d’un cran le chauffage de la voiture, allumé aussi une autre cigarette.

Un peu plus loin une ombre s’encadre dans la lumière un peu pâle, pousse la porte du café de la gare. Je l’imagine, l’homme, déjà loin dans la solitude de la salle, le bras fatigué abandonné sur le comptoir, le regard perdu dans l’ambre du verre posé devant lui. Peut-être qu’il va se quitter peu à peu, entrer dans une autre solitude.

Occupé à perdre mon temps.

J’ai pris conscience du bavardage de la radio, j’ai tourné la molette au hasard.

Une voix sortie du passé.

Je me suis souvenu de cet après-midi de fin d’été, nous avions recherché l’ombre. J’ai aperçu les visages oubliés, perdus.

Plus de trente ans se sont écoulés, la ville d’A s’est endormie aussi, sans doute que la haie qui avait abrité un moment nos bavardages de la morsure du soleil n’existe plus.

Un souffle froid m’a surpris. L’attendu, en ouvrant la portière, venait de me ramener dans le présent.

Reste la magie.

samedi 8 mars 2014

Les magiciens du samedi.

Je sens que ce billet va encore être de haute tenue....

Faudrait pas se lever à 11h30 le samedi. Je tiens une flemme ! Genre le truc que s’il existait une compétition de flemme, je serai champion du monde. Champion du monde de flemme, ça peut se mettre sur une carte de visite ? Sur un cv ?

J’en suis à osciller entre l’envie de retourner caresser mon oreiller et celle de me refaire un café/clope sous le soleil de ce presque printemps. Une petite dose de caféine devrait pouvoir me permettre d’aligner encore quelques signes.

En parlant de flemme, je suis presque certain que quelques esprits un peu tordus m’opposeront le fait que pour un homme c’est tous les jours la flemme....

Oh, ça va hein !

Je revendique mon droit à la paresse et j’assume totalement le fait de ne rien fiche tout au long d’une journée.

Vas-y dis moi, oui toi ! Pas la peine de te retourner, c’est bien à toi, oui à toi qui es en train de parcourir ce billet que je pose la question, oses me dire que tu n’as jamais passé une journée entière à glander ?

Ah ! Tu vois bien que toi aussi !

Bon, on ne va pas faire la journée là-dessus non plus. Après tout, les magiciens du samedi c’est surtout l’occasion de partager un petit coup de cœur musical et aussi de faire un clin d’œil amical aux copains blogueurs.

Solveig me faisait remarquer il y a quelques jours que souvent mes billets étaient teintés d’une sorte de nostalgie, elle n’a pas tout à fait tort, j’ai de plus en plus fréquemment tendance à me retourner sur mon passé, pas sur mes années d’homme, non. Juste sur les années d’enfance. Peut-être parce que je sais bien que ce temps enchanté ne reviendra plus.

Il n’empêche.

Tout en cherchant qui pourrait avoir les honneurs des pages du petit bonhomme, j’ai repensé à ce magnifique texte de l’ami Bembelly.

Ma mère aussi possédait un poste de radio. Ce vieux machin (pas ma mère andouille) avait une place de choix dans la cuisine de l’autre maison. Du matin au soir les notes peuplaient l’espace, et certaines mélodies se sont gravées dans ma mémoire aujourd’hui vacillante.

samedi 1 février 2014

Les magiciens du samedi.


Juste pour aujourd’hui on va dire que j’ai à nouveau quinze ou seize ans. Tu te souviens de ce temps ? Celui des mobs, des cafés crème qui durent des heures, des parties de baby foot dans l’arrière salle du troquet.

C’était chez Milou, une institution ce bistrot, j’y ai passé des journées entières. C’était chez nous, le taulier, pour peu que tu saches dire bonjour, te fichait la paix, sa femme allait même jusqu’à nous faire à manger parfois, des repas que nous prenions dans la cuisine, tranquille. Voilà que je ne parviens pas à me souvenir de son prénom. Fichue mémoire qui s’en va....

Ces années là, les années Téléphone. Magique. J’ai usé mes oreilles à les écouter. Face au comptoir, le juke-box. Milou le laissait à notre disposition pour y mettre ce que nous avions envie d’écouter. Je me demande aujourd’hui si en nous laissant libres ce n’était pas à lui qu’il faisait plaisir.

J’aurais pu retrouver quelques vidéos du groupe tel qu’il était dans ces années-là. Pas envie. Je garde en tête quelques vieilles images qui commencent à pâlir, à se mélanger. Le flou de la mémoire qui s’installe peu à peu.

Pas envie non plus que le groupe se reforme, pourquoi faire ?

Il y a quelques années, j’avais réussi petit à petit à me procurer quasiment tous les albums en cd, je me baladai toujours avec dans la bagnole. Deux toxicos abrutis m’ont cassé la voiture une nuit, m’ont tout piqué ces cons. J’ai su plus tard qu’ils avaient éparpillé ma collection dans les champs cette nuit là.... Misère.

Bon on arrête là avec ces souvenirs.

Plutôt que de revoir Corine, Louis, Richard et Jean-Louis ensemble, j’ai choisi ce matin une autre époque. Jean-Louis poursuit son chemin en compagnie de Richard. Avec eux, de jeunes musiciens. Parmi eux, un jeune guitariste m’a particulièrement tapé dans l’œil. Thomas Semence a cette sorte d’élégance, cette décontraction qui me fascinent chez les musiciens. Et que dire de l’énergie de Richard Kolinka et des baguettes qui virevoltent entre ses doigts.

Des magiciens. Les magiciens du samedi.



lundi 29 avril 2013

fugit irreparabile tempus #1



Long temps depuis que je n’avais arpenté les rues de la petite ville d’A. Point tant à la recherche du temps perdu que d’un hypothétique bar-tabac ouvert un dimanche après-midi.
Au détour d’une rue autrefois bien vivante, avoir le regard accroché par la tristesse d’une façade abandonnée. 
S’arrêter un moment. 
Le temps d’une photographie se souvenir qu’autrefois la lumière des vitrines s’accrochait aux ors et aux argents exposés. 
Découvrir qu’un décor, bien souvent, en cache un autre.
La ville comme un théâtre abandonné.

mardi 9 octobre 2012

2 CV, ou la nostalgie automobile.

Concept C Cactus

Yann Savidan s’en faisait l’écho il y a quelques jours maintenant, Citroën pourrait, dès 2014, lancer sur nos routes une héritière à la 2CV.

Volkswagen avec la New Beetle, BMW avec la Mini et plus récemment Fiat avec la 500 ont surfé avec succès sur la vague de la nostalgie automobile. Pourtant à bien y regarder, rien ne ressemble moins à la 500 d’origine que la 500 actuelle, la Mini s’est embourgeoisée et la New Beetle n’aura jamais le son si caractéristique de son aînée.

« Nous avons un projet de voiture simple, économique, moderne, à un prix abordable », explique à La Tribune Frédéric Banzet, directeur général de Citroën. De l’esprit de notre bonne vieille deuche il n’est presque plus question, cette nouvelle version viendra grossir le flot de ces pseudos véhicules rétros.

Probablement fabriquée à Madrid et destinée au marché européen, nul doute que cette « nouvelle 2 CV » ; même si elle se réclame de sa vénérable devancière ; n’aura que peu de ressemblances avec son ancêtre. Il est possible que la marque aux chevrons dévoile ce modèle très attendu au prochain salon de Francfort en septembre prochain.

Attendons de voir...

Vous l’aurez compris au travers des quelques lignes qui précédent, je ne suis pas fan de ces « rééditions », et si je suis resté béat d’admiration il y a quelques semaines devant une 500 magnifiquement restaurée, je ne me retournerai pas au passage d’une vrombissante Mini signée BMW.

Question de goût.

Je me souviens que mon fils me disait il y a quelques temps : « Rhoo c’est nul une 2CV, si t’en achètes une, je ne monte pas avec toi ! » Ok mon fils, tu ne monteras peut être pas dedans, mais j’ai bien l’intention (un jour...) de parcourir notre verte campagne par un bel après-midi de printemps au volant de mes deux fiers destriers.