vendredi 17 juillet 2015

Night fever II dans la #radiodesblogueurs



Alors que d'ordinaire je suis plus enclin à écouter et à contempler les mains sur les cordes des guitares, pour une fois on va changer radicalement d’univers.

Se plonger dans le monde de la nuit, un monde saturé de basses puissantes, de lumières psychédéliques. Une foule bigarrée, un univers un peu décalé où le paraître compte presque autant que l’être. 

Un monde que j’ai beaucoup fréquenté il y a....de nombreuses années. Il m’en reste quelques teinture et notamment ce morceau que j’aime à réentendre de temps en temps. 

Une sorte d'hommage aussi au fiston qui passe la majeure partie de ses nuits à s'user les doigts sur les platines.






mardi 14 juillet 2015

Solitudes



Un vieux théâtre perdu au fond d’une ruelle sombre.

Les néons de l’affiche peinent à percer la brume de la touffeur de cette nuit d’été. Juste le halo rougeâtre qui se reflète sur le pavé qu’une averse soudaine a rendu gras. L’air épais, immobile après l’ondée, pèse sur la nuit. Un peu plus loin, les quais, vides, noirs.

Ce soir encore, ils ne seront que quelques spectateurs à affronter la centaine de mètres de cette rue perdue dans le bruissement immense de la ville. Ils savent quelle pièce s’y joue.

Une pièce ?

Ils savent que ceux qui jouent là ne sont que des écorchés. Cracheurs de feu, cracheurs de mots. Des mots qui cinglent, des mots qui disent la douleur, des mots qui vrillent. Le graillon des voix âpres transperce l’espace, saisit aux tripes dans le silence assourdissant de la salle. Chaque mot, chaque phrase est une lame qui glace les échines.
  
Conteurs sortis de nulle part, ils disent la violence d’être des effacés. Des oubliés. Ils disent la rue, les galères, les réveils brutaux quand jetés à la rue sans pitié il ne leur reste plus que l’abri incertain d’une encoignure de porte pour épuiser la fatigue.

La nuit avance, des silhouettes rares font les cents pas devant la porte à tambour du théâtre. A chaque passage la lumière crue les éclaboussent un instant révélant le rouge violent des lèvres, le noir charbonneux des yeux que les nuits hasardeuses creusent chaque fois un peu plus.

Elles préfèrent être habillées d’ombre, là où est encore l’illusion.

La grande ville va les absorber peu à peu, bientôt elles ne seront plus que traces dans quelques mémoires. Traces monnayées d’un moment d’oubli. Des solitudes mêlées qui hurlent entre des murs anonymes. La faible lumière jaune de l’unique ampoule au plafond accentue la pauvreté des chairs offertes. Les regards se détournent, cherchent derrière les vitres sales les prémices de l’aube salvatrice.

Après l’abandon, elles écoutent le premier métro qui charrie sa cargaison d’autres solitudes.

Plus loin, juste sous le pont, l’eau noire du fleuve, presque immobile, berce les rêves d’un homme. Un invisible. Recroquevillé sous quelques journaux, réfugié dans un demi-sommeil, il attend un autre matin.

Tôt, il secouera la poussière de la nuit, remontera les quelques marches, poussera la barre de cuivre de la porte du bistrot qui l’accueille chaque jour. La parole rare, il s’accordera quelques minutes de répit en dehors du temps. Le sac qui contient toute sa vie, le peu qui lui reste, est posé à ses pieds. Tout à l’heure il le jettera sur son épaule et reprendra sa marche, marcher encore. Toujours. Marcher pour se sentir vivant malgré tout. Là, au bout du zinc, muet, inaccessible aux autres clients, le regard plongé dans le noir de la tasse posée devant lui, il s’est refusé une fois encore le doux du sucre.

Comme une autre punition.

Juste l’amer du mauvais café.

Il plonge la main dans la poche de sa veste, en sort une vieille boîte cabossée, quelques feuilles. Ses doigts malhabiles que le froid a rendus gourds essaient de rouler une première cigarette.

Première béquille.

lundi 13 juillet 2015

Ghostriders dans la #radiodesblogueurs



Pour une fois on change d’univers.

Ces vidéos traînent dans ma machine depuis des années, elles me rappellent les longues chevauchées que nous faisions plus jeunes. Des fous furieux qui alignaient des centaines de bornes par tous les temps. Des bouffeurs de bitume. Et puis, plus tard, nous avons abandonné la route pour les chemins, des sorties dont revenions méconnaissables, boueux des pieds à la tête, seuls les yeux protégés par les lunettes nous faisaient ressembler à des ratons-laveurs.

Une drogue intense : le besoin irrépressible de la douleur, de l’effort. La tête qui commande au corps. Toujours plus loin, toujours plus fort, toujours plus extrême. L’adrénaline née des descentes périlleuses. Des perfusions de folie pure.

Loin sans doute de cet univers urbain, de ces amateurs de fixies et de raids nocturnes. 

Peu importe, nous sommes de la même famille.


GHOSTRIDERS par bicycle-store

samedi 11 juillet 2015

Les vieux de la vieille *




- Dis @FCB c’est quoi ce bouzin dont tout le monde parle ? Z’appellent ça la #radiodesblogueurs ! T’en as entendu causer toi dans le poste ?

- Pour sûr que j’en ai entendu causer ! Paraît même que ça fait un tabac chez les araignées !

- Chez les araignées ?

- Ouais m’sieur ! Chez les araignées !

- T’avais encore mal réglé ton sonotone j’suis sûr !

- Tu sais ce qu’il te dit mon sonotone ! Est-ce que je te parle de tes chicots en plastique moi ?

- La #radiodesblogueurs ! Encore une invention des cent mille diables ! A-t-on idée de faire écouter de la musique à des araignées. Deviennent fous ma parole !

- Paraitrait qu’y’a des fermiers qui mettent de la musique pour leurs vaches, pourquoi pas pour les araignées ?

- D’abord t’as entendu ça où toi ?

- Je l’ai pas seulement entendu, je l’ai lu aussi dans l’Indicateur !

- Tu parles ! T’y vois pas plus clair qu’un vieux corniaud !

- Vieux corniaud ! Remets moi plutôt un coup de blanc et file moi ce journal.

- Y z’écrivent là-dedans que c’est un jeune gars, un @lolobobo, ou un blaze du genre qu’aurait inventé ça. C’est au plafond qu’il doit l’avoir l’araignée ! Encore un qu’a siphonné trop de pinard !

- ‘Cré vin diou ! Mais c’est que t’as ben raison mon @FCB ! T’avais ben les yeux en face des trous pour une fois ! Ce p’tit gars, le @lolobobo, il a bien inventé une radio qui émet sur la toile !

- Ah ! T'as vu ! Siffle donc ton godet et viens-t'en vite dans l'étable regarder si y'a pas une toile pour voir si ça cause par chez nous.

*

vendredi 10 juillet 2015

On the road again (Rêveries)



J’ai été pris hier d’une irrépressible envie de vadrouille à la vue de quelques photos de l’ami Jeff. Une envie de jeter un sac léger dans le coffre de la voiture, d’enquiller dare-dare les sept ou huit cents kilomètres qui me séparent de cette belle Ardèche.

Mais las, il faut parfois savoir raison garder.

Comme je regrette de ne pouvoir y être, un des lieux où je me sens bien, un oubli total des tracasseries quotidiennes, peut-être l’effet des montagnes, des eaux vives, de l'amitié de ceux qui me reçoivent à chaque fois ?

Ou autre chose ?

Je n’en sais rien.

Je ne cherche pas à savoir.

Juste savourer ces instants de plénitude.

Il aurait juste suffit de tourner la clef de contact, appuyer sur le bouton « On » de la radio et savourer ces quelques heures impatientes, délicieuses. Parcourir le long ruban noir rectiligne avant d'entamer les lacets. Des images gravées dans mon esprit depuis notre première rencontre. Love at first sight.

Des voix douces.

Regarder le paysage défiler. Un voyage intérieur. 

Flou.

Instanta'Tweets #13



Chaque vendredi ; enfin presque chaque vendredi puisque j’ai décidé qu’il n’y aurait que quarante rendez-vous ; je vais te proposer une expérience, une expérience née de la fréquentation du travail de Lucien Suel sur son blog Silo.

Je laisse le soin à Lucien d’expliquer de quoi il va retourner pendant quarante semaines :

         CURM

« (Cut-Up Ready-Made) est composé de 23 tweets consécutifs apparus dans ma Tweet List à un moment donné, copiés collés en éliminant les avatars et noms des abonnés, les liens et hashtags. Une expérience de twittérature mécanique. »

Cela fait un moment que j’avais envie de m’y essayer. Juste comme ça, pour voir ce que cela pourrait donner dans une autre timeline.

Un instant capturé. Une collision de mots.

Un Instanta’Tweets

Une seule variante aux règles écrites par Lucien, le nombre de tweets capturés dépendra de la somme des chiffres de la date du jour.

10/07/2015

1+7+2+1+5=16

Seize tweets capturés à un moment quelconque de la journée pour former un je ne sais quoi d’un peu foutraque mais non dénué d’une certaine forme de poésie dans laquelle j’aime me plonger.

La Finance et son érection matinale. Balancés par un vent frais et léger, le linge ondule lascivement. Le soleil projette sur un drap, des ombres de rêves évanouis. Pub pour la Mer du Nord. Dans tous les jardins du monde il y a une pierre vivante. Trouve-la ! Vive la liberté d'expression ! Tenter de mener sa barque au delà de l'obscurité du quotidien vers le scintillement du phare pour des jours meilleurs. Je m'en vais rejoindre le navire qui se livre à lui-même pour affronter la nuit.... La langue française n’appartient pas qu’à Molière; elle est aussi celle de Jérôme, Mamadou, Daphcar, Khadija,… Tiens... ça merdouille encore flip. Pffff Alors s'imposer discipline d'écriture. Une heure par jour, les mots du corps à l'écran. Finir ce roman. En car ? D'ailleurs, si vous avez des envies de madeleines. Elles ont une tête bizarre les marguerites à Nasushiobara au Japon. Ce combo Gilmour-SNCF m'a laissée sans voix. J'ai d'un coup perdu tous mes repères. Je ne suis plus la même. Décidément on trouve tout au supermarché. Variations autour de la lumière en rais majeurs !

mercredi 8 juillet 2015

Quatre notes dans la #radiodesblogueurs



Je profite d’un petit moment de répit pendant que l’ami @freecasababylon s’amuse à faire du teasing sur son blog pour te convier à rencontrer de vieilles connaissances.

Souviens-toi, 27 juin 2014. Ils étaient déjà là. Ben ouais, parfois je tourne en boucle sur certains morceaux.

« Vingt-deux kilomètres.

Hier soir.

Chemin du retour.

Vingt-deux kilomètres interminables. La chaleur, une journée de boulot ponctuée de tracasseries qui, pour menues qu’elles aient été, ne m’ont pas moins dézingué le moral.

Vingt-deux kilomètres.

La radio en sourdine, l’esprit qui vagabonde paresseusement. La route qui s’étire. Des paysages trop connus comme une autre fatigue. Une autre cigarette presque allumée au mégot de la précédente.

Et ces feux tricolores de chantier ! A peine le temps de laisser passer trois ou quatre voitures que le rouge est déjà remis.... Misère.

Quatre notes !

Quatre notes magiques !

Monter le volume et sourire.

Et j’ai repensé à ces quelques billets écrits à l’arrache pour la #radiodesblogueurs Des coups de cœur partagés plutôt que mon véritable tube de l’été. Encore que plutôt « tube de l’été » il conviendrait mieux d’écrire « album d’un été ».

Parler de l’album d’une vie serait peut-être exagéré ? On verra....

1987

The Joshua Tree

Je me souviens de la claque immense reçue cet après-midi là, propulsé instantanément sur une autre planète. Le rock venait de changer d’époque, le début d’une exploration d’autres possibles.

Les quatre premières notes de « Where the streets have no name », résonnent pour toujours, reconnaissables entre toutes. Prélude à un bonheur sans cesse renouvelé. »

Je ne pouvais pas ne pas te proposer ce titre une nouvelle fois, il me semble qu’il aurait manqué quelque chose.

Ecoute et laisse toi happer par la magie des cordes qui vibrent sous les doigts agiles de The Edge.

Sourire à nouveau.