Ce n’est pas tant que j’ai
envie d’envahir la #radiodesblogueurs que je me suis réveillé tout de travers
ce matin. Une tasse de café et un tour de jardin plus tard ça n’allait toujours
pas mieux.
D’ailleurs attends deux
secondes je vais aller me refaire un p’tit noir, juste le temps de réfléchir à
la suite de ce billet, si tant est que je sois capable de réfléchir à quoi que
ce soit ce matin.
Un café plus loin et aussi
quelques clopes je ne sais toujours ce que je pourrai bien te raconter.
Je crois qu’on va passer
directement à la musique. Surtout n'aies pas peur, ça pique un peu au début ; surtout un dimanche matin ; mais tu vas voir, ça va aller tout seul. D'ailleurs j'ai connu une polonaise qu'en prenait au petit déjeuner et elle se portait parfaitement. C'est dire !
Et n'oublies pas, tu as jusqu'au 21 septembre pour participer à la grande œuvre inititiée par le gourou de la #radiodesblogueurs2015, j'ai nommé @lolobobo. Tous les détails sont dans le lien un peu plus haut.
J’ai passé une bonne partie de
la journée d’hier à arpenter les routes du département, la radio en sourdine
accompagnait mes pérégrinations.
Je ne sais pas ce qu’avaient
en tête les programmateurs hier, toujours est-il que j’ai bien entendu une
bonne demie douzaine de fois le même titre.
Je ne vois pas de raison à ce
que tu n’en profites pas un tout petit peu.
#oldiesbutgoodies
Brushing impeccable, chaîne en
or qui brille, la chemise ajustée largement ouverte, le futale au plus près du
corps, je sens que tu es fin prêt pour un petit bond dans le passé. On y va ?
Un petit moment que je n’ai
rien publié par ici, la faute à ma flemme légendaire et aussi à la reprise du
boulot après quinze petites journées de vacance bien méritées.
J’en vois quelques-uns qui se
gaussent !
Vacances méritées !
Parfaitement !
Une première semaine de boulot
normale, m’enfin normale....un flot continu d’emm..., de retards, de trucs à
rendre pour hier. Une semaine normale. Mais ça va, j’ai l’habitude et puis je vais mieux. M’enfin je crois.
L’idée m’est venue en écoutant
la radio en voiture alors que je me rendais d’une réunion à une autre mercredi
ou jeudi. Le jour n’a guère d’importance. Je pensai vaguement à l’objet de la prochaine
rencontre mais aussi à la #radiodesblogueurs.
A la radio passait un vieux
machin sorti en 1976 il me semble. Au risque d’arriver en retard, je me suis
arrêté un moment au bord de la route pour écouter ça tranquillement. J’étais
là, à ne rien faire, juste savourer les notes et les voix, une parenthèse dans
l’agitation quotidienne.
Et puis j’ai pensé à un autre
truc. Depuis le vingt et un juin nous faisons tous montre de beaucoup d’enthousiasme
pour alimenter le player de l’ami @lolobobo. (Tiens, regarde juste en haut à gauche, le player est là.) Il s'agit souvent des morceaux plus ou moins
actuels, ou alors des souvenirs de chansons d’été qui restent ancrées dans nos
têtes attachées qu'elles sont à quelques souvenirs heureux de paresse estivale.
J’ai eu soudain envie d’autre
chose. Rattrapé par le passé, je vous propose aujourd’hui un truc hyper connu.
Peu importe, l’essentiel n’est-il pas avant tout de se faire plaisir en
écoutant les morceaux que l’on apprécie, même s’il s’agit de vieux standards.
Tiens, juste pour jouer, je
vous propose le hashtag #oldiesbutgoodies pour agrémenter le player d’anciens
tubes sortis de derrières les enceintes. Si toi aussi tu veux participer que ce soit pour partager ton coup de cœur du moment ou un vieux machin comme je le fais aujourd'hui, c'est très simple, tu cliques juste sur ce lien, tout y est parfaitement expliqué. Et en cadeau tu va trouver pleins d'autres blogs sympas à lire. Elle est pas belle la vie ! Musique !
Je suis un peu comme ce jeune
gars des cuisines Vogica, je ne jette rien (ou presque). Les cuisines Vogica ?
Ca ne te dit rien ? Ah ben ouais t’es encore un peu jeunot.
Bon je t’esplique, c’était il
y a un très longtemps, ce temps où quand tu voulais déplacer ton télé il
fallait se mettre à douze minimum pour bouger le bestiau, rien à voir avec nos
écrans taille haricots vert qu’un simple coup de vent fait basculer (bon j’exagère
un tout petit peu mais c’est pour illustrer mon propos) mais je m’égare. Revenons-en
à mon gars des cuisines Vogica.
Tiens c’est là :
C’est bon, tu l’as maintenant ! Donc nous disions que je ne jette rien. Ce matin j’ai été saisi d’une soudaine
mais très courte envie de rangement du bouzin qui me sert d’ordi. Pas croyable
tout ce que j'ai pu y accumuler comme bidules. Des trucs dont pour la plupart
je n’ai plus la moindre idée du pourquoi je les ai gardés.
Ça peut toujours servir.... à
quoi, je n’en sais rien. Une manie sans doute. Toujours est-il que j’ai passé
plus de temps à regarder tout un tas de machins plutôt que de faire le ménage.
Bref....c'est toujours le bazar mais tant que je m'y retrouve (parfois) c'est le principal n'est-ce pas ?
Mais parfois ne rien jeter ça
a aussi du bon, j’ai mis la main sur deux vidéos sur lesquelles j’avais tilté à l’époque.
Comme je suis un brave garçon,
je te les partage ce soir en espérant qu’elles te plaisent un peu.
Zou, c’est parti :
Pickwick (Mais non, pas les magasins de jouets....pfiouuuu)
Alors que d'ordinaire je suis plus enclin
à écouter et à contempler les mains sur les cordes des guitares, pour une fois
on va changer radicalement d’univers.
Se plonger dans le monde de la
nuit, un monde saturé de basses puissantes, de lumières psychédéliques. Une
foule bigarrée, un univers un peu décalé où le paraître compte presque autant
que l’être. Un monde que j’ai beaucoup fréquenté il y a....de nombreuses
années. Il m’en reste quelques teinture et notamment ce morceau que j’aime à
réentendre de temps en temps. Une sorte d'hommage aussi au fiston qui passe la majeure partie de ses nuits à s'user les doigts sur les platines.
Un vieux théâtre perdu au fond
d’une ruelle sombre.
Les néons de l’affiche peinent
à percer la brume de la touffeur de cette nuit d’été. Juste le halo rougeâtre
qui se reflète sur le pavé qu’une averse soudaine a rendu gras. L’air épais,
immobile après l’ondée, pèse sur la nuit. Un peu plus loin, les quais, vides,
noirs.
Ce soir encore, ils ne seront
que quelques spectateurs à affronter la centaine de mètres de cette rue perdue
dans le bruissement immense de la ville. Ils savent quelle pièce s’y joue.
Une pièce ?
Ils savent que ceux qui jouent
là ne sont que des écorchés. Cracheurs de feu, cracheurs de mots. Des mots qui
cinglent, des mots qui disent la douleur, des mots qui vrillent. Le graillon
des voix âpres transperce l’espace, saisit aux tripes dans le silence
assourdissant de la salle. Chaque mot, chaque phrase est une lame qui glace les
échines.
Conteurs sortis de nulle part,
ils disent la violence d’être des effacés. Des oubliés. Ils disent la rue, les
galères, les réveils brutaux quand jetés à la rue sans pitié il ne leur reste
plus que l’abri incertain d’une encoignure de porte pour épuiser la fatigue.
La nuit avance, des silhouettes
rares font les cents pas devant la porte à tambour du théâtre. A chaque passage
la lumière crue les éclaboussent un instant révélant le rouge violent des
lèvres, le noir charbonneux des yeux que les nuits hasardeuses creusent chaque
fois un peu plus.
Elles préfèrent être habillées
d’ombre, là où est encore l’illusion.
La grande ville va les absorber
peu à peu, bientôt elles ne seront plus que traces dans quelques mémoires.
Traces monnayées d’un moment d’oubli. Des solitudes mêlées qui hurlent entre
des murs anonymes. La faible lumière jaune de l’unique ampoule au plafond
accentue la pauvreté des chairs offertes. Les regards se détournent, cherchent
derrière les vitres sales les prémices de l’aube salvatrice.
Après l’abandon, elles écoutent le
premier métro qui charrie sa cargaison d’autres solitudes.
Plus loin, juste sous le pont,
l’eau noire du fleuve, presque immobile, berce les rêves d’un homme. Un invisible.
Recroquevillé sous quelques journaux, réfugié dans un demi-sommeil, il attend
un autre matin.
Tôt, il secouera la poussière de la nuit, remontera les
quelques marches, poussera la barre de cuivre de la porte du bistrot qui l’accueille
chaque jour. La parole rare, il s’accordera quelques minutes de répit en dehors
du temps. Le sac qui contient toute sa vie, le peu qui lui reste, est posé à
ses pieds. Tout à l’heure il le jettera sur son épaule et reprendra sa marche,
marcher encore. Toujours. Marcher pour se sentir vivant malgré tout. Là, au bout
du zinc, muet, inaccessible aux autres clients, le regard plongé dans le noir
de la tasse posée devant lui, il s’est refusé une fois encore le doux du sucre.
Comme une autre punition.
Juste l’amer du mauvais café.
Il plonge la main dans
la poche de sa veste, en sort une vieille boîte cabossée, quelques feuilles. Ses
doigts malhabiles que le froid a rendus gourds essaient de rouler une première
cigarette.
Ces vidéos traînent dans ma
machine depuis des années, elles me rappellent les longues chevauchées que nous
faisions plus jeunes. Des fous furieux qui alignaient des centaines de bornes
par tous les temps. Des bouffeurs de bitume. Et puis, plus tard, nous avons
abandonné la route pour les chemins, des sorties dont revenions
méconnaissables, boueux des pieds à la tête, seuls les yeux protégés par les
lunettes nous faisaient ressembler à des ratons-laveurs.
Une drogue intense : le
besoin irrépressible de la douleur, de l’effort. La tête qui commande au corps.
Toujours plus loin, toujours plus fort, toujours plus extrême. L’adrénaline née
des descentes périlleuses. Des perfusions de folie pure.
Loin sans doute de cet univers
urbain, de ces amateurs de fixies et de raids nocturnes. Peu importe, nous sommes de la même famille.