dimanche 16 novembre 2014

J'ai fait un rêve ce matin

J’ai fait un rêve ce matin.

Je ne sais pas quelle heure il pouvait bien être quand j’ai entendu du bruit dans la rue ou alors était-ce seulement ma fée qui quittait la chambre. Par habitude j’ai donné un œil au téléphone posé sur la table de chevet, parcouru vaguement quelques billets de blog.

Je me suis arrêté longuement chez Dominique. J’ai du m’assoupir un moment, le téléphone en me tombant des mains m’a fait sursauter.

Un peu empêtré dans le câble du chargeur, j’ai du grogner, me retourner. Une image revenait sans cesse.

Une image que je n’arrivai pas à comprendre.

Dans la pénombre, les chiffres du réveil rougeoyaient, inintelligibles pour mon regard de myope. J’aurai pu plisser un peu les yeux, forcer l’œil à accommoder, à quoi bon ? Juste savourer la douce chaleur, me blottir dans la torpeur des matins de paresse. Entendre vaguement le village s’éveiller, des bruits connus, rassurants.

Et toujours cette image.

Entre sommeil et éveil, j’ai rêvé que les voitures volaient.

Photo : Dominique Hasselmann
15 novembre, canal Saint-Martin, Paris.

samedi 15 novembre 2014

Les magiciens du samedi




Il y a quelques jours (quelques semaines ?) Tomate Joyeuse m’a gentiment invité à participer à un projet qui consiste à lister ses quinze albums préférés. Il ne m’en manque plus qu’un pour compléter mes choix.

Pas facile de choisir, je fouille, farfouille, trifouille dans tout ce que j’ai pu accumuler depuis des années. Je suis même allé jusqu’à écouter de vieilles cassettes. J’ai des tiroirs remplis de ces vieilles reliques, je ne jette rien !  Le gars des cuisines Cagivo c’est moi. Bon d’accord en un peu plus âgé.



A force de fouiner ici et là je me suis rendu compte d’un truc, au final je reviens toujours aux mêmes vieux albums. Il m’arrive encore de temps en temps de m’emballer, d’avoir un coup de cœur pour un morceau « plus actuel », et puis je fais demi-tour.

J’oublie.

Enfin il me semble que j’oublie.

Je retourne à mes vieux machins.

Peut-être parce que pour presque chaque titre, pour chaque album il y a une histoire qui s’y rattache. Parfois des trucs idiots, des anecdotes qui n’ont aucun intérêt, sauf pour moi.

Il y a peut-être autre chose. L’accélération du temps. Sauf si on ne m’a rien dit pendant ma longue absence, il ne me semble pas que la durée d’une seconde, d’une minute ou d’une heure ait changé. C’est, je pense, l’usage du temps qui a changé. Nous faisons trop de choses en même temps, tout est disponible à n’importe quelle heure, n’importe où. Tous ces outils à notre disposition font que nous «scannons » en permanence tout un tas d’infos, d’images, de sons. Quitte à y revenir plus tard pour approfondir.

Peut-être.

Ce n’est pas tant que je sois passéiste que je regrette un peu le temps ou il m’était encore possible de passer une heure à écouter un album sans rien faire d’autre. C’est peut-être pour ça que j’aime tant le livre papier, j’entretien avec cet objet ; si tant est que l’on puisse qualifier le livre d’objet ; une relation étrange. Le temps de la lecture est un temps dans le temps. Du temps entre soi et l’histoire.

Il faudrait peut-être que j’essaie de développer cette idée.

Mais d’une part on s’éloigne du sujet de ces magiciens du samedi et d’autre part je n’ai pas l’esprit suffisamment délié pour parvenir à aller beaucoup plus loin dans cette réflexion.

Passons.

Nous en étions donc à « je fouille, farfouille, trifouille »

Ça te dit un bond dans le passé ?

30 mai 1990

New-York, 6ème avenue, face au siège de la société Exxon.

Midnight Oil en concert.

Un grand moment. Un symbole.

vendredi 14 novembre 2014

#MrBricolo Jour 2 et suivants....


Tu te souviens ? Il y a quelques jours je te racontai comment je m’étais découvert une nouvelle passion pour le bricolage.

À la demande de centaines de lecteurs, que dis-je des centaines ? À la demande de milliers de lecteurs impatients voici la suite des aventures de #MrBricolo

Bon, j’exagère un tout petit peu avec mes milliers de lecteurs. Si jamais ce billet atteint cinquante vues, j’entame une danse de la pluie tout nu dans la rue ! Photo à l’appui !

Oui, oh ça va hein ! Je sais bien que j’ai déjà fait coup de la danse de la pluie, ben c’est de votre faute si vous n’avez pas vu mon élégant fessier onduler sous des trombes d’eau, z’avez qu’à relayer mes conneries ! Voilà !

Revenons-en à mes journées de bricolage.

Une semaine de vacances.

Comment ça encore !

Si tu appelles ça des vacances que de trimer comme un bagnard, de suer sang et eau à décaper, poncer, peindre du matin au soir, je te les offre volontiers mes vacances et en prime je te file même le dernier plafond à peindre. Oui, malgré tous mes efforts, il reste un plafond à peindre....

Si jamais demain tu n’as rien à faire, tu peux venir me filer un coup de main. On embauche vers neuf heures et j’offre le café, un café d’enfer.

Ça va neuf heures, ce n’est pas trop tôt ? Sinon dix heures ça me va aussi, ça me laisse le temps de glander un peu le temps que tu t’amènes.

Bon je te vois frétiller d’impatience sur ta chaise. 

C'est parti pour le résumé de la semaine de #MrBricolo 





























 On termine par un clin d'œil à ma fée et à son infinie patience face à mes nombreuses (nombreuses mais nécessaires) pauses.

samedi 8 novembre 2014

Les magiciens du samedi




Ce matin j’avais besoin de sortir tôt et comme d’habitude j’étais plutôt à la bourre, j’ai donc pris la première bagnole dans le garage. Il s’est trouvé que c’était la « petite voiture », cela faisait des semaines que je ne l’avais pas conduite, j’ai eu plaisir à la retrouver. Vive, nerveuse, habituée depuis son enfance à être un peu malmenée (si, si je t’assure on peut très bien parler d’enfance s’agissant d’un véhicule).

Bon, arrivé là il faut que je te raconte comment je me suis fait arnaquer par ma fée il y a quelque temps.

Nous avions besoin de changer le véhicule de ma douce. Avec l’âge (pas l’âge de ma douce, andouille !) il y avait quelques frais à prévoir, peut-être quelques emmerdes à venir, bref il était temps.

Un samedi que nous n’avions pas grand-chose d’autre à fiche, nous nous sommes décidés à aller faire la tournée des concessionnaires du coin. Budget bien en tête nous passons la porte du premier sur notre route, un peu comme ça, presque au hasard.

Un tour du hall d’expo, après un regard rapide sur les entrées de gamme, nos pas nous amènent tout naturellement vers des modèles plus « étoffés ». Et puis tu sais comment ça se passe dans ces cas là, au bout de cinq minutes tu as le vendeur avec son sourire Ultra Brite qui s’amène. Je n’aime pas trop ça quand on m’accoste trop vite, je me sens comme agressé, il m’est arrivé très souvent de faire demi tour illico prestissimo quand à peine passée la porte une ou un vendeur me tombe tout de suite sur le paletot. Je sais bien que c’est le job, qu’il faut bien pousser un peu le chaland, il n’empêche c’est plus fort que moi, je tourne les talons.

Revenons-en à mon vendeur Ultra Brite. Il m’a été tout de suite sympathique, la petite cinquantaine décontractée, on palabre un peu, budget, modèle....enfin tu vois le truc. Classique. Le mec, très pro, nous dirige bien sur vers tout autre chose, une machine sur laquelle nous n’avions même pas posé les yeux. Tu sais comment ça se passe dans ces cas là, tu te dis que non ce n’est pas raisonnable, que ça sort trop du cadre de ce qui était prévu. La tête dit non encore, mais moins fort déjà. Et puis tu craques. C’est vrai qu’elle est pas mal cette caisse, il doit y avoir là-dedans presque tout ce qu’il est possible d’imaginer en matière d’options, un moteur qui te demande d’appuyer encore un peu plus sur la pédale de droite, un petit plaisir pour ma fée.

Sauf que. Et bien sauf que le jour de la livraison, arguant de je ne sais plus trop quel prétexte, une course ou de je ne sais plus trop quelle autre connerie, ma fée m’a demandé de prendre le volant de la nouvelle et de la ramener à la maison. Lendemain, rebelote nouveau prétexte, trop tôt, pas eu le temps de regarder le fonctionnement de la bête. Pas le temps de discuter, me revoilà délaissant ma petite bestiole habituelle et de reprendre la route avec la jouvencelle.

Et ainsi de suite....

C’est un moment après que j’ai compris, ma fée voulait me faire plaisir et « m’offrir » un nouveau jouet.

Tu te demandes sans doute ; si tu es arrivé jusqu’ici c’est que tu es un tout petit peu curieux ; où je veux en venir avec mon histoire de bagnoles alors que normalement ici le samedi c’est musique.

Attends deux secondes, je t’essplique.

J’ai beaucoup écouté la radio quand j’étais plus jeune, presque à longueur de journée à une époque. Si tu as le même âge ou à peu près que moi, tu te souviens certainement de l’explosion de ce qu’il était convenu d’appeler les « radios libres », nous passions notre temps à naviguer sur la bande FM, c’était toute une aventure, les émetteurs lâchaient sans arrêt, il y avait les « brouillages », et puis avec la libéralisation, les radios commerciales sont arrivées avec la soupe servie à heure régulière. Je me suis vite lassé.

En voiture aussi je suis passé à autre chose, j’avais toujours une provision de CD, pas un kilomètre sans musique. Des albums de toujours, écoutés en boucle. Et puis là encore je suis passé à autre chose, une boulimie d’infos, branché sur les radios plus « sérieuses ». L’âge peut-être aussi.

Sauf que ce matin, quand j’ai pris « la petite » celle que ma fée conduit désormais chaque jour, il y avait un CD dans le lecteur, c’était bien la première fois que j’en voyais un dans cette bagnole.

J’ai bien vite rebasculé vers Europe1, ce n’est pas que je sois maso, mais, même si les nouvelles ne sont pas toujours très bonnes, il me faut ma dose d’infos.

Et tout en roulant, j’ai repensé à cette nouvelle entendue l’autre après-midi, celle de la disparition de Manitas de Plata. Ça m’a fait un drôle d’effet d’apprendre sa mort. Depuis que je suis tout petit j’en entends parler comme d’un être légendaire. Je ne vais pas te mentir et te dire que je n’écoute que ça, que je connais son répertoire par cœur. Non, rien de tout cela. S’il m’arrive de l’écouter, c’est par hasard au détour d’une autre recherche. La plupart des fois ce ne sont pas tant les notes que j’écoute que ses mains que je regarde. J’ai cette fascination pour les mains des guitaristes, pour les doigts agiles qui glissent sur les cordes. Une fascination quasi hypnotique. Je me repasse parfois presque à l’infini quelques secondes d’un morceau juste parce que la main a eut un mouvement gracieux, parce que des doigts qui semblent caresser les cordes jaillissent des notes puissantes, vibrantes, de ces notes qui te glacent soudain le dos, des notes qui te procurent presque une douleur délicieuse. Manitas de Plata était de ces musiciens que j’ai aimé regarder.

J’aurais pu, au lieu de toutes ces divagations, essayer d’écrire un hommage à ce magicien, à cet homme aux mains d’argent. Mais rien de ce que j’aurai pu écrire n’aurait égalé le texte de Martine Dardenne que je t'invite à lire ici.



@NicolasSarkozy résumé en un tweet.


Nicolas Sarkozy était hier soir Porte de Versailles en meeting devant un peu plus de 5000 personnes selon les organisateurs. Si officiellement il est en campagne pour la présidence de l’UMP, officieusement ; même s’il s’en défend ; nous savons très bien que l’objectif de l’ancien président est la prochaine grande échéance de 2017.

On sait l’homme déterminé, prêt à tout pour reconquérir l’Elysée.

De là à ratisser large et à s’attirer les faveurs de l’électorat traditionnel du FN, il n’y a qu’un pas que Nicolas Sarkozy n’a pas hésité à franchir.

mercredi 5 novembre 2014

#MrBricolo Jour 1


Il y a peu, je me suis découvert une vocation.

Tu me diras qu’à mon âge il était temps !

Bricoleur.

Ceux qui me connaissent un peu doivent déjà rigoler.

Bon, pour être tout à fait honnête, cette vocation m’est plutôt venue par obligation. Au bout d’un moment, que tu aies envie ou pas, ben il faut redonner un coup de neuf.

Donc, je me suis mis (remis) à bricoler. Avec mes deux mains gauches et les dix pouces qui vont avec, tu peux me croire, c’est un truc qui vaut le coup d’être vu !

D’ailleurs, si tu te souviens bien je t’avais fait un billet là-dessus il n’y a pas si longtemps.

Bien sur, tu ne te souviens plus ! C’était pourtant un grand moment de la blogosphère !

Je vais être indulgent, tu n’as certainement pas que ça à faire que de te souvenir de mes âneries, tu cliques ici et hop comme par magie tu vas retrouver mes aventures épiques en compagnie de cette damnée porte.

La chose m’ayant plutôt pas mal réussi (bon d’accord on ne parle que de décaper, poncer et lasurer une porte....je sais), je me suis mis en tête de passer à des « travaux » de plus grande envergure. L’envergure des travaux étant proportionnelle à ma quasi incompétence en la matière ne t’attends pas à ce que je m’attaque à la rénovation de la grande galerie du château de Versailles.

On va y aller doucement. Et quand je dis doucement, ce n’est pas qu’une image....

D’ailleurs en parlant de doucement, il y a ma fée qui va bientôt rentrer et il faudrait que je me mette doucement à bosser si je ne veux pas me faire tirer les oreilles.

Zou, c’est parti pour le résumé du Jour 1 de #MrBricolo

samedi 1 novembre 2014

Les magiciens du samedi



Luke

Tu te souviens ? Il y avait Noir Désir et puis il y avait Luke. Deux univers semblables mais différents cependant. La phrase précédente te parait bizarroïde ? Oui, peut-être un peu. Tu commences à me connaître depuis le temps, je n’en suis plus à une bizarrerie près.

Bon, revenons au sujet.

J’ai tellement écouté un de leur album, que j’ai réussi à user le CD.

Si, si on peut user un CD !

En vérité, ce n’est pas tant le nombre d’heures pendant lesquelles il a tourné qui l’ont usé que le nombre de fois où il m’a échappé des mains, que les innombrables fois où je l’ai écrabouillé sur le plancher de ma bagnole. Il fut un temps où ma voiture était un véritable capharnaüm ; des fringues, de la paperasse, des trucs à grignoter dont la fameuse boite de céréales dans laquelle j’allais piocher de temps en temps quand il me venait un petit creux. Bien sur je ne prenais jamais soin de refermer ni le sachet ni la boite et au premier virage un peu serré, cette satanée boite répandait son contenu sur la moquette. J’aurais pu me lancer dans un élevage de souris tant il y avait de miettes....

Et Luke dans tout ça ? Minute !

Tu veux te rafraîchir un peu la mémoire ?



C’est bon ? Tu l’as ? Ça t’est revenu ?

On continue.

Je ne savais pas trop quoi te proposer aujourd’hui, je suis allé faire un tour de dehors, un café dans une main, une clope dans l’autre. J’ai marché un peu, fouillé dans l’immense bordel qui me tient lieu de cervelle. Des notes familières me sont revenues. Une silhouette, une voix.


Je te vois en train de te demander où je veux en venir. Attends, ne sois pas impatient comme ça !

Thomas B.

Ça ne te dit rien ? Ben à moi non plus, jusqu’à ce matin.

Je voulais un titre de Bashung et de clic en clic je suis arrivé sur Thomas B., chanteur du groupe Luke, qui mène aujourd’hui une carrière solo.

J’aime bien les reprises. Autant pour les nouvelles couleurs que pour l’âme différente offerte à un morceau connu.

J’aime surtout dans la reprise de Résident de la République cette idée de.... comment dire ? « Renaissance » ?

Un peu comme si un artiste disparu venait encore nous parler au travers de la voix d’un autre.



A samedi prochain pour d’autres magiciens.